Un plateau huppé à Ca Jazz à la Gare
William White en vedette
Des nombreuses fêtes organisées à Delémont, Ça Jazz à la Gare se taille une place un peu à part. Parce que, pour une fois, le bas de la ville se trouve à l’honneur à l’honneur. Et ce n’est pas si souvent que l’on peut y guincher, dans une ambiance si festive qu’elle en devient vite communicative. Cette année, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands et réservent une programmation très relevée, dont William White, récemment invité à Nyon, constitue le point d’orgue.
Comme son nom l’indique, Ça Jazz à la Gare a toujours fait la part belle aux airs de la Nouvelle Orléans, encore que le festival se soit ouvert au fil des années à d’autres courants musicaux. En 2011, il y en aura pour tous les goûts, avec les rythmes traditionnels de la «washboard» typique des «bands» américains, certes, mais aussi du blues, de la soul, du funk, du rock et plus encore si affinités… L’idée générale étant bien sûr de partager un bon moment entre amis, dans une ambiance des plus entraînantes.
Les 2 et 3 septembre prochain, la Place de la Gare s’ornera, comme d’habitude à pareille époque, de nombreuses guinguettes, complétant l’offre proposée par les restaurateurs de l’endroit. Tout sera assurément réuni afin que chacun y trouve son compte, qui pour boire un verre, qui pour croquer une petite morce, de l’apéro aux heures pâles de la nuit.
Tantôt retenue, tantôt explosive
D’entrée de cause, le vendredi dès 19 heures, Alyss ouvrira les feux. Les régionaux de l’étape, comme on dit, assumeront la lourde, mais combien stimulante, charge de donner le coup d’envoi de la fête, avec une musique tantôt retenue, tantôt explosive mais toujours concentrée d’émotion brute. Suivra le groupe Spooky Heaven Sound, bientôt rejoint par les Biennois d’Izul, tout prêts à embraser la gare d’un feu d’artifice magistral. Pour clore cette première journée, Franco Vinciguerra, programmateur attitré – avec l’excellent Nicolas Carnat pour la partie «jazzy» – et bientôt indéboulonnable de la manifestation a retenu Rod Barthet, véritable distillateur de bonne humeur.
Quid du samedi? Eh bien, comme le veut une tradition bien établie, c’est le jazz «pur porc» qui reprendra ses droits. Avec trois groupes tout aussi brillants les uns que les autres. Le Old New Orleans monkeys accompagnera l’apéro d’un petit goût de Sydney Bechet, puis reviendra comme il est d’usage pour son second set dès 15h30. Ensuite, le quartet des New Orleans Swingers s’efforcera de perpétuer l’esprit et la musique de l’âge d’or du Jazz, dans un répertoire très étendu qui comprend bien entendu tous les classiques du genre. Place enfin au Dixie Hot Seven, que les participants de Ça Jazz à la Gare ont déjà eu maintes fois le plaisir d’applaudir.
Dans sa forme la plus achevée
Tout cela nous mènera gentiment, sachant que chaque groupe assure deux passages, vers les 20 heures, synonymes de l’entrée en scène du trio Rose-beef bues band qui se mettra en symbiose avec le public pour célébrer l’amour du blues dans sa forme la plus achevée. Et puis, et puis, une paire d’heures plus tard, William White foulera les planches…
On ne fera pas l’affront de présenter William White aux habitués de Ça Jazz à la Gare. Ils se souviendront sans doute de son premier passage à Delémont. Déjà, il avait enflammé les foules de sa musique directement inspirée par Bob Marley, Marvin Gaye, Sam Cooke ou Curtis Mayfield. Il s’est bien sûr affranchi de ses glorieux aînés pour produire son propre son, qui puise au reggae, soul, funk, pop, folk… Mais avant tout, William White, artiste suisse originaire de la Barbade, se distingue par sa joie, forcément expansive, de jouer en concert. Le type dégage une telle onde de plaisir que les frissons envahissent invariablement l’assistance, littéralement transportée dans un bain de bonheur et de délicatesse…
Mais c’est pas l’tout, les choux! Il appartiendra à une autre connaissance de clore le festival, Bobby Johnson «in person», histoire de mettre la touche finale à ces deux jours de douce folie. Gageons qu’il saura s’y prendre…
Le programme complet
Vendredi 2 septembre
- 19h : Alyss. Une formation delémontaine constituée de cinq musiciens passionnés…
- 20h : Spooky Heaven sound
- 22h: Izul, groupe récemment auréolé à Cannes, dans la catégorie «Clip musical», de la meilleure vidéo avec «I Wonder». Un vintage rock énergique, mêlé à des sons de clavier des années nonante qui nous prouvent du même coup que l’on peut encore innover dans le style «Pop Rock».
- Minuit: Rod Barthet, un grand professionnel qui fait son métier avec passion et plaisir. Un des meilleurs bluesmen français, dont le dynamisme et la bonne humeur se transmettent allègrement à tous ceux qui l’entendent…
Samedi 3 septembre
- De 11h à 20h: Old New Orleans Monkeys, New Orleans Swingers et le Dixie Hot Seven, au meilleur de deux sets chacun…
- 20h : Rose-beef blues band, un groupe de blues jurassien, électrique et classique. Le public sera conquis par ces rythmes tout droit venus de Chicago…
- 22h : William White. Que dire de plus?
- Minuit: Bobby Johnson. Un Jamaïcain à Londres. Les deux font la paire et suffiront largement à assurer une ambiance explosive…
Daniel Hanser