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La Baps


  

 

Par Manuel MONTAVON


Impossible que vous ne connaissiez pas la Baps, ou du moins le troc de la rue du 23-Juin qui porte son nom. Assise derrière le comptoir de sa boutique cosy qui propose tout un choix de sacs, chaussures, bijoux et habits de seconde main de qualité pour dames – «mais aussi pour les Messieurs qui sont des dames» –, la Baps, alias Barbara Cattin, doit assurément savoir négocier le bon prix avec ses clientes au vu de son caractère bien trempé.


La Baps nous explique qu’elle a elle-même choisi son surnom : «Quand j’étais petite, tout le monde me disait «Bärbeli» (diminutif de Barbara en suisse allemand, s oit «petite Barbara»). Les Suisses allemands mettent des «li» partout», soupire-t-elle. «Comme j’en avais assez, j’ai revendiqué auprès de ma famille et de mes amis que l’on m’appelle Baps, même si en Suisse allemande ce surnom est plutôt destiné aux Elisabeth. De plus, comme mon nom de jeune fille est Burgunder (de Bourgogne, bourguignon en français), j’en avais marre que l’on me traite d’escargot ou de jambon». Ceci sans compter qu’elle ne voulait pas être comparée à une célèbre blonde aux initiales «BB»... «Aujourd’hui, mis à part 5 ou 6 personnes, plus personne ne m’appelle Barbara, sauf mon mari quand il est fâché. Même ma fille a du mal à s’en souvenir».


La Baps, qui a passé son enfance à Bâle, a connu Delémont parce que ses parents «étaient de ces ch... de Bâlois qui avaient un chalet à Vermes», plaisante-t-elle. Une ville où elle rencontrera quelques années plus tard son mari René, au Radis rouge précisément. Elle a aussi découvert la ville parce qu’elle a travaillé au rayon électricité des Galeries du Jura («Les Galeutches», aujourd’hui Manor), où sa maman lui avait trouvé une place pour qu’elle apprenne le français: «Les Suisses allemands vont tous dans le «Welschland», mais moi je ne voulais pas être fille au pair, je voulais être décoratrice ou orfèvre».


Finalement, ce n’est pas aux «Galeries» qu’elle a apprendra à maîtriser la langue de Molière, mais derrière le zinc de la Croix, où elle a entre autres travaillé plusieurs années avant de reprendre le troc de la ruelle de l’Ecluse en 1999. Trois ans plus tard, elle saute sur l’occasion quand elle apprend que le commerce de la vieille ville avait fermé: «J’ai toujours voulu ce magasin», glisse-t-elle. Un choix qu’elle ne regrette en rien puisqu’elle arrive aujourd’hui à vivre de ses affaires. « Et je peux aussi décorer mes vitrines moi-même », ajoute-t-elle en rigolant.


Enfin même si la Baps dit qu’elle n’est pas née au bon endroit car elle déteste l’allemand et le suisse allemand, elle est aujourd’hui à coup sûr plus Delémontaine que certains.


Mais ne lui dites surtout pas qu’elle a conservé un doux petit accent d’outre-Sarine !

N°220 - MARS

Surnoms, pseudos et sobriquets